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Proposition pour l'utilisation de la toxicogénomique en tant que méthode de criblage rapide des substances chimiques

Résumé de la proposition (1) soumise par Antidote Europe à l'OCDE et au CEVMA en septembre 2007

L'Union européenne a admis le fait que des milliers de nouvelles substances chimiques ont reçu leur autorisation de mise sur le marché, dans les dernières décennies, sans que soient dûment considérés leurs effets délétères potentiels pour la santé humaine et l'environnement. Des responsables de l'Union ont reconnu que le système législatif en place s'était révélé incapable d'identifier les risques liés à de nombreuses substances chimiques et lent à apporter des solutions là où les risques ont été établis.

Cette "reconnaissance de culpabilité" a, en partie, pris la forme du programme REACH (Enregistrement, evaluation et autorisation de substances chimiques), entré en vigueur le 1er juin 2007. Bien que l'objectif principal de REACH soit de s'attaquer au problème que posent les substances non encore testées, le fait qu'il ne pourra pas être complété avant au moins une décennie signifie que la santé publique continuera à être compromise dans le futur proche.

Alors qu'Antidote Europe et le programme REACH partagent le même objectif basique de vouloir protéger la santé humaine, les voies suggérées par l'un et l'autre diffèrent de façon significative au sujet des tests effectués sur des animaux. Antidote Europe maintient que la clé pour obtenir des résultats plus fiables et plus rapides pour les personnes exposées aux pesticides, parfums d'ambiance, additifs alimentaires, vernis à ongles ou toute autre substance chimique, est d'étudier des cellules humaines et non des rats, des chiens, des singes ou d'autres espèces animales.

La proposition résumée ici, pour l'utilisation de telles méthodes ayant recours aux cellules humaines, a été soumise, par Antidote Europe, aux autorités de réglementation de l'Union européenne, en septembre 2007. Les instances qui traitent ces dossiers sont l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (CEVMA). Tous deux proposent des règles similaires pour la proposition de méthodes de test nouvelles ou mises à jour (2,3).

La méthode de test proposée se fonde sur de récents développements en biologie moléculaire et, en particulier, sur la science de la toxicologie moléculaire. La toxicogénomique est une branche importante de cette science. Elle étudie la façon dont les gènes, au sein de cellules vivantes, répondent à des agents toxiques ou stressants présents dans l'environnement. En étudiant des gènes sélectionnés, dont le comportement est connu pour être associé à des signes précoces de dommages aux fonctions cellulaires, il est possible d'obtenir des indications sur la façon dont les cellules vont réagir à une substance chimique donnée. En fait, des effets toxiques précis sont intimement liés à des altérations de l'expression de certains gènes. Ces changements dans l'activité des gènes peuvent être observés à l'échelle de quelques jours, alors que les tests sur animaux supposés équivalents peuvent prendre jusqu'à deux ans pour fournir un résultat -résultat dont la pertinence pour la santé humaine peut être mise en question.

La méthode soumise à l'OCDE utilise une sélection de cellules humaines parmi les plus susceptibles aux effets des substances chimiques toxiques. Cette sélection inclut des cellules du foie, des reins, du système nerveux, du système digestif, du système immunitaire et des organes de la reproduction. En utilisant un équipement moderne, il est possible de tester des milliers de substances chimiques sur ces cellules et d'analyser les résultats en quelques jours -et non des mois ou des années nécessaires pour les tests effectués sur des animaux. Un autre avantage majeur de cette méthode est la capacité de tester des combinaisons de substances, afin d'étudier les effets de "cocktails" chimiques sur les mécanismes de défense cellulaire. Les tests classiques sur des animaux, par contre, ne peuvent se faire qu'avec une seule substance à la fois.

Si la toxicogénomique peut ne pas toujours prédire les dommages chimiques pour un individu entier, elle est pourtant beaucoup plus pertinente, en tant que méthode de criblage précoce, que les tests sur des animaux. Et, utilisée en combinaison avec d'autres technologies, telles la microfluidique, le laboratoire-sur-puce et des études virtuelles ADME/TOX, elle pourrait permettre de se passer de tests sur des animaux.

La proposition de méthode de test soumise par Antidote Europe, par conséquent, appelle l'OCDE à :
1. Promouvoir le concept de toxicogénomique en tant que méthode universelle de criblage, au sein d'une stratégie intégrée d'évaluation (criblage à haut débit), de façon préalable à toute recherche sur des organismes vivants ; et
2. Rendre obligatoire la présentation des résultats obtenus à une base de données de toxicogénomique accessible publiquement.

Une "preuve du principe" de l'efficacité de la toxicogénomique en tant que méthode de criblage a été apportée grâce à l'étude, par Antidote Europe, de plusieurs substances chimiques, dont des ingrédients de pesticides ou de consmétiques. Ces résultats ont été soumis à la base de données spécialisée MIAME (Minimum Information About a Microarray Experiment).

(1) La proposition entière (en anglais uniquement) peut être obtenue sur simple demande à Antidote Europe, par courriel à info@antidote-europe.org

(2) Séries de l'OCDE sur les tests et l'évaluation Numéro 34 ; document sur la validation et l'acceptation internationale de méthodes de tests nouvelles ou mises à jour pour l'évaluation des risques ; OCDE 18 août 2005.

(3) http://ecvam.jrc.it/index.htm