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Pour un REACH fort

De très nombreux scientifiques, depuis de très nombreuses années, tentent d'alerter les autorités et l'opinion publique sur les dérives inquiétantes de santé, dérives qui suivent l'augmentation de la diversité des substances chimiques avec lesquelles nous pouvons être en contact. Que ce soit par l'alimentation (résidus de pesticides et engrais), dans l'air extérieur (pollution automobile ou industrielle), dans l'air intérieur de nos habitations (molécules qui se détachent des nombreux objets que nous introduisons dans nos foyers ou sur notre lieu de travail), nous sommes en contact avec des centaines (au moins !) de substances chimiques et des enquêtes réalisées par Greenpeace ou le WWF montrent que nombre de ces substances sont présentes dans notre sang : en moyenne, une quarantaine de substances se retrouvent dans les échantillons de sang de volontaires européens. Une quarantaine parmi celles qui ont été recherchées, ce qui signifie que notre sang en contient sûrement bien davantage.

L'initiative de la Commission européenne lancée en 2001 et proposant d'évaluer la toxicité de toutes ces substances a donc été très bienvenue. Un Livre blanc donnait lieu au projet REACH : Enregistrement ("Registration", en anglais), Evaluation et Autorisation de substances CHimiques, future législation européenne en la matière.

Malheureusement, ce projet REACH a très vite été affaibli : s'il devait concerner les 100 000 produits mis sur le marché avant 1981 et qui n'avaient pas fait l'objet des évaluations qui sont obligatoires depuis cette date, il devait, plus tard, s'appliquer aux 30 000 de ces produits commercialisés en quantités supérieures à une tonne par an, alors que la réglementation mise en place en 1981 exige des évaluations pour les produits commercialisés en quantités supérieures à 10 Kg. Finalement, seuls 12 000 produits seraient testés...

De nombreuses associations demandent que les fabricants aient l'obligation de communiquer les informations de toxicité de leurs produits, que les produits dangereux soient remplacés par des équivalents moins toxiques et que les produits les plus dangereux, persistants et bioaccumulables soient, de toutes façons, interdits.

Antidote Europe approuve ces exigences mais nous pensons qu'il en manque une, fondamentale : que des méthodes fiables soient employées pour évaluer la toxicité des produits. En effet, de quoi servirait une loi qui interdirait un produit dangereux si le fabricant a le choix des méthodes à utiliser pour évaluer ce danger et s'il se réfère à des méthodes peu ou pas fiables ? L'évaluation est donc le point central de REACH, le point qui conditionne les mesures d'autorisation ou d'interdiction.

REACH sera donc fort uniquement si les méthodes acceptées pour l'évaluation de la toxicité sont fiables. Or, ces méthodes reposent largement, aujourd'hui, sur l'expérimentation animale. Nous démontrons qu'aucune espèce animale n'est le modèle biologique de l'homme. Par conséquent, continuer à accepter une toxicologie basée sur l'expérimentation animale ouvre la porte à des évaluations erronées et vide REACH de tout son sens.

Antidote Europe a donc informé les autorités sur ce problème et propose une méthode fiable : le Programme de toxicologie scientifique, élaboré par des chercheurs issus du CNRS qui ont des dizaines d'années d'expérience en tant que directeurs de recherche et qui ont organisé deux Ateliers européens de toxicologie cellulaire et moléculaire (en 1996 à Sophia Antipolis et en 1999 à Paris). Ce Programme est une approche particulière de la toxicogénomique, méthode apparue au début des années 1990 et largement utilisée aux Etats-Unis et au Japon.

Antidote Europe, en collaboration avec ses partenaires européens, a obtenu qu'un amendement mentionnant la toxicogénomique soit approuvé par le Parlement européen en première lecture de REACH (17 novembre 2005), puis réintroduit en vue de la seconde lecture et approuvé par la commission Environnement (10 octobre 2006). Nous déplorons que la version finale de REACH (18 décembre 2006) ait abandonné cet amendement, bien que, dans son préambule, elle propose d'encourager la toxicogénomique. Si c'est un pas dans le bon sens, il est très insuffisant. En effet, pendant que les autorités européennes disent vouloir "développer" la toxicogénomique alors qu'en fait cette méthode est déjà au point, des tests sur des animaux, peu prédictifs des effets toxiques pour l'homme, continueront à s'effectuer...