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Nous avons
envoyé le questionnaire ci-dessous aux 12 candidats à
l'élection présidentielle
Une
oubliée de la campagne : notre santé
La santé des Français va
mal ! Par exemple :
- Le cancer est la première cause de mortalité en dessous de 65 ans.
En 2006, 300 000 nouveaux malades ont rejoint les 750 000 qui en souffraient
déjà. L’incidence augmente de 1,5% par an depuis 30 ans.
- Les démences affectent 1,5% de la population. Leur incidence augmente
de 1 à 1,5% par an depuis 30 ans. En 2006, 165 000 personnes ont rejoint
les 850 000 qui souffraient déjà de maladie d’Alzheimer (70% des cas
de démences).
- Parmi les enfants de moins de 15 ans, 1 sur 8 souffre d’un trouble
mental (autisme, anorexie, boulimie, schizophrénie, troubles obsessionnels
compulsifs, hyperactivité, etc.), 1 sur 4 est allergique…
Principaux responsables :
- Notre environnement : produits chimiques toxiques, autres pollutions,
styles de vie à risques...
- Progrès thérapeutiques insuffisants
Vous engagez-vous à stopper
et à inverser ces tendances désastreuses pour nous et les générations
à venir :
- Par une recherche biomédicale
véritablement scientifique ?
En 30 ans, l’augmentation de l'espérance de vie après diagnostic d’un
cancer ne se compte qu'en semaines. Il n’existe aucune médication efficace
contre les maladies d'Alzheimer, de Parkinson, contre la sclérose en
plaques, pour éliminer le virus du SIDA du corps des personnes séropositives.
En 30 ans, combien de communiqués triomphaux clamant des progrès décisifs
chez la souris, le rat, le singe, restés sans lendemain pour le patient
humain ?
Nous vous demandons de promouvoir une recherche biomédicale n'ayant
pas recours à de prétendus modèles animaux, puisqu’il est prouvé qu’aucune
espèce animale n’est un modèle biologique fiable pour l’homme.
- Par une protection renforcée
des nouveau-nés et des enfants ?
Les enfants naissent avec, en moyenne, déjà 10 substances chimiques
de synthèse dans leur cordon ombilical. Aliments et soins pour bébés
contiennent des pesticides, des additifs chimiques. Par unité de poids
les enfants mangent, boivent et respirent plus que les adultes ; ils
absorbent donc plus les substances chimiques qui nous environnent.
Nous vous demandons d'interdire les pesticides et additifs toxiques
dans les aliments pour bébés, de créer un label "sécurité future maman"
pour aider les femmes enceintes à éviter l'exposition aux substances
dangereuses, de créer un label "sécurité enfant" pour les produits ménagers
d’intérieur (peintures, teintures, vernis, etc.) ne contenant pas de
substances (volatiles en particulier) toxiques.
- Par une prévention sans
faille ?
La toxicité des 100 000 produits chimiques avec lesquels nous pouvons
être en contact doit être évaluée de façon scientifique. Plus d'un million
de décès prématurés par an en Europe pourraient ainsi être évités. L’Union
européenne (projet REACH) doit tester un nombre restreint de ces produits
sur des animaux : c'est dangereux car un produit "bon pour le rat" peut
s'avérer toxique pour nous.
Nous vous demandons d'agir pour imposer une évaluation rigoureuse des
risques toxiques. La toxicogénomique, une méthode éprouvée, est déjà
adoptée à l’étranger, valable pour l’homme, infalsifiable, 100 fois
plus rapide et 100 fois moins chère que les tests sur des animaux.
Certains candidats
nous ont répondu (par ordre alphabétique):
Réponse
de Monsieur Olivier Besancenot :
Veuillez trouver
ci-après les réponses d'Olivier Besancenot aux questions que vous lui
avez soumis
Votre document contient de nombreuses affirmations avec lesquelles nous
sommes d'accord.
À propos de REACH, ce ne sont pas seulement les tests sur rongeurs qui
nous gênent, mais aussi le niveau très bas de produits testés et la
non responsabilisation (pénale et financière ) du patronat, en particulier
celui de l’industrie chimique.
Aux 3 questions posées, nous répondons : OUI.
1) Etes-vous décidé(e) à imposer une évaluation scientifique des risques
toxiques, comme la toxicogénomique, une méthode éprouvée déjà adoptée
à l’étranger, valable pour l’homme, infalsifiable, 100 fois plus rapide
et100 fois moins chère que les tests sur des animaux ?
Réponse La toxicogénomique semble effectivement fiable ( cf . travaux
de Narbonne et autres ) et préférable à l'expérimentation animale, le
plus souvent.
2) Etes-vous décidé(e) à imposer une recherche biomédicale n'ayant pas
recours à de prétendus modèles animaux, puisqu’il est prouvé qu’aucune
espèce animale n’est un modèle biologique fiable pour l’homme ?
Réponse Oui les transferts des résultats animaux à l'humain sont aléatoires.
3) Etes-vous décidé(e) à encourager et aider les femmes enceintes à
éviter l’exposition à des substances dangereuses, à interdire les pesticides
dans les aliments pour bébés, à donner un label de sécurité pour enfants
aux produits ménagers d’intérieur (peintures, teintures, vernis, etc.)
ne contenant pas de substances (volatiles en particulier) toxiques ?
Réponse La protection du nouveau-né passe par l'interdiction des pesticides
en général et dans l'alimentation en particulier. La protection des
bébés et enfants mérite un label de sécurité pour les produits sans
toxiques, y compris volatils.
Réponse
de Monsieur José Bové :
Madame, Monsieur,
Je vous remercie de l'envoi de votre courrier, mais vous comprendrez
que le temps puisse nous manquer, à ma petite équipe et
à moi-même pour répondre aux milliers de missives
et questionnaires que nous avons reçus. J'ai conscience que chaque
association, organisation ou groupe de citoyens se pose légitimement
un certain nombre d'interrogations quant à la position des candidats
à la présidence de la République concernant l'objet
de leur existence et de leur action.
Cependant deux caractéristiques du mouvement que j'ai l'honneur
de représenter atténuent quelque peu ce besoin bien naturel
d'explications.
Premièrement, le très large regroupement autour de ma
candidature de citoyens engagés s'est constitué progressivement
depuis des années -et singulièrement depuis le rejet du
traité européen- en s'affirmant altermondialiste, c'est-à-dire
en opposition radicale à un modèle de société
fondé sur l'argent, le profit, l'exploitation et la compétition.
Cette position forte implique pour nous une remise en cause fondamentale
de la plupart des voies et moyens d'adaptation à cette société
dont se réclament la grande majorité des autres candidats.
Nous pensons que rien n'est inéluctable. Il n'y a pas de fatalité
et les générations futures méritent mieux que notre
résignation. Le politique doit reprendre le pouvoir concédé
abusivement à l'économique. Nous nous emploierons de ce
fait à faire triompher nos idées qui toutes convergent
vers le bien-être des populations les plus défavorisées
et vers la sauvegarde de la planète. Car il n'est plus possible
aujourd'hui de dissocier progrès social, progrès économique
et impératifs écologiques. Il y va de la poursuite de
la vie même sur Terre.
Sauf à considérer qu'un candidat doive répondre
à toutes les questions sectorielles, catégorielles, particulières
émanant de centaines de milliers d'associations qui participent
à la vie démocratique de la France, je considère
que les grandes orientations de mon programme sont soit connues de tous,
soit consultables sur mon site de campagne www.unisavecbove.org. Ce
sont mes engagements vis-à-vis des électeurs.
Il va de soi que si je suis élu, je devrai rapidement prendre
la mesure de la situation particulière de nombreuses parties
de la population et lancer des programmes politiques de réforme.
Croyez bien que les contributions que vous m'avez apportées aujourd'hui
seront étudiées alors et que je n'hésiterai pas
à vous contacter pour obtenir des précisions ou vous faire
participer éventuellement à la réflexion.
Deuxièmement, mais cette caractéristique n'a pas la même
force que la précédente, notre mouvement est en phase
de croissance accélérée, sans disposer pour autant
des infrastructures et de la puissance des partis traditionnels. C'est
en soi une force parce que la discussion est totalement libre ce qui
permet l'émergence d'idées et de projets novateurs tout
en fédérant des énergies militantes considérables
; c'est également une faiblesse qui se traduit par notre incapacité
à traiter toutes les sollicitations avec diligence dans la courte
période de la campagne électorale.
Au-delà de ces considérations générales,
je vous rappelle que nous voulons pour notre pays :
- une révolution sociale pour imposer une autre répartition
des richesses entre ceux qui peinent et ceux qui profitent abusivement
sans rien faire ;
- une révolution démocratique pour imposer une autre répartition
des pouvoirs entre les citoyens et les assemblées ;
- une révolution écologique
pour imposer un autre arbitrage entre la croissance incontrôlée
et la préservation de la planète.
Dans le domaine de la santé qui vous préoccupe particulièrement,
là aussi, je considère que l'humain doit primer sur l'économique.
Chaque année, du fait du glissement depuis 1982 de 10 points
de la richesse nationale des salaires aux revenus financiers, ce sont
170 milliards d'euros qui manquent pour financer nos comptes sociaux.
Il faut en finir avec le discours de culpabilisation des patiens qualifiés
d'"irresponsables", le discours de culpabilisation des professionnels
de santé à qui il est demandé de maîtriser
les dépenses sur de seuls critères financiers. Un autre
système de santé est possible, qui prendra vraiment en
compte la santé publique et redonnera aux soins de première
ligne comme à l'hôpital les moyens d'assumer leur fonction,
qui respectera les individus, patients et soignants, et évitera
la dérive actuelle de la marchandisation de la santé au
profit des seuls gros intérêts financiers.
Ayant la conviction profonde qu'un autre monde est en marche et qu'un
autre avenir est possible, je donne rendez-vous aux électrices
et aux électeurs le 22 avril et vous prie de croire à
ma volonté de construire une société plus juste
et plus humaine.
Réponse
de Madame Ségolène Royal (signée François
Rebsamen, directeur de campagne) :
Chère Madame,
Ségolène Royal a bien reçu votre courrier et vous en remercie vivement.
Elle m'a chargé de vous répondre.
Je suis tout à fait d'accord avec vous sur l'urgence de parler de la
santé dans cette campagne électorale. Pour répondre à vos questions,
je dirais :
- premièrement, qu'il faut transformer le système de soins en système
de santé. Oui, il faut développer l'axe santé-environnement. Ségolène
Royal s'est engagée d'une part à multiplier par cinq le budget de la
prévention, et d'autre part à soutenir le projet Reach en luttant contre
toutes les formes de lobbying des industriels ;
- deuxièmement, Ségolène Royal s'est engagée à ajouter 10 milliards
d'euros aux crédits publics de recherche sur la durée de la législature.
Le cancer est une priorité de la recherche. Je vous joins, pour information,
le document qui a servi de trame à la visite de Ségolène Royal au centre
régional de lutte contre le cancer, Léon Berrard, à Lyon, le 4 avril
dernier ;
- troisièmement, vous avez raison de penser qu'il faut à tout prix protéger
les enfants des risques de la toxicité, en particulier vis-à-vis des
produits ménagers. L'idée d'un label de sécurité connu par les femmes
enceintes est excellente.
Pour votre information, je vous transmets en annexe l'intervention que
Ségolène Royal a préparé pour sa visite le 4 avril dernier au centre
de lutte contre le cancer Léon Berrard, à Lyon. *
Je vous prie de croire, chère Madame, en l'assurance de mes sentiments
les meilleurs.
* Copie papier
disponible auprès d'Antidote Europe, sur demande accompagnée d'une enveloppe
timbrée au tarif de 50g.
Réponse de Monsieur
Nicolas Sarkozy :
Chère Madame,
La récente correspondance
que vous avez eu l'amabilité de me faire parvenir au nom de l'Association
Antidote Europe, a retenu toute mon attention et je vous en remercie.
C'est avec intérêt que j'ai pris connaissance de vos observations et
vos attentes. Je tenais donc à vous apporter les précisions suivantes.
Notre système de santé est l'un des plus performants au monde, selon
l'Organisation mondiale de la santé (OMS), mais il connaît des fragilités
de plus en plus apparentes : fragilités financières avec des déficits
préoccupants malgré la réforme de l'assurance maladie de 2004 ; fragilités
sanitaires que révèlent la crise de la canicule de 2003, la consommation
excessive de médicaments, l'augmentation préoccupante des cancers ;
fragilités sociales et territoriales avec des inégalités croissantes
en matière de prévention, d'accès aux soins.
Des efforts très importants ont été réalisés dans le domaine social
depuis 2002 : la réforme de l'assurance maladie en 2004 qui a engagé
le redressement de nos comptes sociaux ; l'instauration d'une journée
de solidarité au bénéfice des personnes âgées et handicapées et la création
de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) ; la mobilisation
de tous les acteurs dans la lutte contre le cancer qui touche un nombre
croissant de nos concitoyens avec pour décision majeure l'interdiction
de fumer dans tous les lieux publics. Le Plan national "santé et environnement"
2004-2008 a permis des avancées importantes en matière de qualité de
l'air, de qualité de l'eau et de prévention de pathologies d'origine
environnementale. Le principe de précaution est désormais un principe
à valeur constitutionnelle depuis 2005 consacré par la Charte de l'environnement.
Mais ces progrès ne sont pas suffisants et il nous faudra aller plus
loin, notamment pour mieux concilier santé et environnement.
Je considère que nous devrons dépenser plus pour la santé dans les années
à venir. Compte tenu de l'allongement de la durée de la vie, du progrès
médical et de l'aspiration bien naturelle de nos concitoyens à vivre
en bonne santé, l'investissement dans la santé sera forcément majeur.
Nous devrons dépenser plus pour la santé, mais aussi dépenser mieux,
nous devrons renforcer la solidarité pour ceux qui en ont le plus besoin
mais aussi mieux responsabiliser tous les acteurs du système de santé.
Telles sont les valeurs fondatrices de mon projet pour la santé.
Je propose de mettre en place une véritable politique de santé publique
comprenant l'amélioration de l'aide à l'acquisition de complémentaires
et un meilleur remboursement des soins dentaires et optiques, mais dans
le même temps, je suis favorable à l'instauration de franchises annuelles
réajustables en fonction de l'évolution des déficits afin de mieux responsabiliser
nos concitoyens et poursuivre la politique de lutte contre la fraude
et les abus, qui représentent entre 8 et 14 milliards d'euros chaque
année. Par ailleurs, je donnerai à la prévention de vraies ambitions
en triplant les moyens qui lui sont consacrés au cours de la prochaine
mandature, de 3% à 10%. A tous les âges de la vie, je développerai l'information
sur les bonnes pratiques préventives. C'est notamment vrai pour les
femmes enceintes qui sont particulièrement exposées aux risques et méritent
d'être mieux informées des conséquences de certains comportements.
Je considère que la France doit retrouver la toute première place dans
la recherche médicale et l'industrie pharmaceutique. Depuis 1980 nous
n'avons compté aucun prix Nobel de médecine et tant de nos laboratoires
de recherche et de nos meilleurs chercheurs soient partis aux Etats-Unis
ou en Grande-Bretagne. Face à ce constat, je veux faire des sciences
du vivant une priorité de notre effort de recherche, avec pour axes
principaux un plan contre les maladies neuro-dégénératives, notamment
la maladie d'Alzheimer, le maintien de l'effort contre le cancer et
l'accélération du développement des biotechnologies qui seront créatrices
d'emplois et sont à la base des traitements d'avenir. Dans le cadre
de l'augmentation générale de l'effort de recherche, je souhaite doubler
les moyens de la recherche médicale au cours des cinq prochaines années.
Face à la multiplication des risques sanitaires (crise de l'ESB, grippe
aviaire, SRAS, canicule, chikungunya, bioterrorisme, etc.), la sécurité
sanitaire est devenue un enjeu majeur de santé publique. Malgré des
avancées incontestables, les pouvoirs publics ont un devoir de vigilance
permanente. Je suis favorable à un renforcement du dispositif de veille
et de gestion en cas de menace sanitaire grave.
De manière plus générale, je voudrais vous redire mon attachement à
notre système de santé qui est l'un de nos biens collectifs les plus
précieux et les plus essentiels pour notre avenir. Tous, nous devons
nous sentir concernés et nous mobiliser. Pour garantir sa pérennité.
Pour lui permettre de rester fidèle à ses valeurs et à ses idéaux. Pour
mieux répondre aux besoins de la population et aux aspirations des professions
de santé.
Les réformes que nous avons portées, comme celle de 2004, ont permis
des évolutions positives et introduit des changements importants. Elles
ne sont pas suffisantes et n'épuisent pas les défis de nos politiques
de santé. Il nous faut donc aller plus loin.
Notre pays aura besoin de toutes les énergies pour poursuivre dans la
voie des réformes ; le projet que je propose aux Français est une projet
pour la France. J'espère pouvoir compter sur votre soutien.
Restant à votre écoute et espérant pouvoir compter sur votre soutien,
je vous prie d'agréer, je vous prie de croire, Chère Madame, en l'assurance
de mes respectueux hommages.
Réponse de Madame
Dominique Voynet :
Madame, Monsieur,
Vous m’avez interpellée et questionnée sur mon projet.
Je vous en remercie.
Je dois vous avouer que vous êtes nombreux à m’écrire. Cela témoigne
d’un vif intérêt pour les propositions que je porte qui sont celles
des Verts. Mais les moyens dont je dispose pour cette campagne ne me
permettent malheureusement pas de répondre dans le détail à tous les
courriers.
Je vous invite donc à
consulter mon blog http://blog.voynet2007.fr/, mon site de campagne
http://voynet2007.fr/ et surtout la FAQ Verte http://faq.voynet2007.fr/
qui est très détaillée sur tous les sujets que je veux porter lors de
cette campagne présidentielle.
J’espère pouvoir compter sur votre confiance pour que l’écologie se
traduise enfin par des actes. C’est urgent, et c’est possible.
Bien cordialement,
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