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Projet "Test cancer"

La bataille REACH n'est guère terminée. Notre première étude de toxicogénomique, réalisée il y a quatre ans, nous a permis de faire introduire ce terme et cette méthode dans le règlement REACH. Nous devons aujourd'hui encore nous battre pour éviter que cette méthode ne soit tout simplement rangée au placard.

Dans le hors série de La Notice d'Antidote et sur notre site, nous vous rendions compte de l'approche de la toxicogénomique que nous avons développée pour mettre en évidence les différents aspects de la toxicité des substances chimiques. Nous le disions dans cette brochure même, notre série d'expériences était une démonstration de la fiabilité de cette méthode et de la faisabilité de ces tests même s'il restait à calibrer les paramètres (nombre et types de cellules humaines, gènes, etc.). Ce que nous n'avions pu faire nous-mêmes faute de moyens.

A partir de notre travail, les autorités européennes avaient pourtant la tâche facile. Elles avaient aussi l'aval du Parlement européen puisque, par deux fois, nous avons obtenu qu'un amendement demandant l'utilisation de la toxicogénomique soit introduit dans REACH.

Autiste, la Commission ?

Pourtant, le règlement de la Commission européenne (CE) n°440/2008 du 30 mai dernier, qui énonce les méthodes d'essais à prendre en compte pour REACH, consacre près de 300 pages à la description des tests sur animaux, dont l'avant-propos avertit cependant que "l'extrapolation directe à l'homme des résultats d'expériences sur animaux n'est possible que dans certaines limites" et seulement cinq lignes aux méthodes alternatives : "[dès qu'elles] sont disponibles elles doivent être envisagées, chaque fois que cela est possible". Elles ne seraient donc pas disponibles, et le jour où elles le seront, on pourrait éventuellement envisager d'y avoir recours !

Si le Parlement européen nous a écoutés, la CE n'a visiblement pas tenu compte de nos nombreux et volumineux courriers et actions apportant la preuve que l'évaluation des risques toxiques sur du matériel biologique humain était parfaitement établie, que la toxicogénomique est fiable pour l'homme, reproductible, cent fois plus rapide et moins onéreuse que les tests sur des rongeurs. Elle n'a pas davantage pris en compte les rapports de l'Académie des sciences états-unienne qui encouragent la "révolution cellulaire" (qui inclut la toxicogénomique) dont nous vous parlions dans les précédents numéros de La Notice d'Antidote.

C'est ce que nous allons voir...

Deux événements récents nous incitent à revenir à la charge. D'une part, notre deuxième lettre au Médiateur européen a été transmise au Président de la CE, reconnaissance implicite que notre argumentation ne peut pas être balayée d'un revers de main. D'autre part, la communication récente de nos résultats de toxicogénomique sur le bisphénol A aux autorités et à la presse a été très médiatisée. Les problèmes touchant à l'alimentation (emballages, additifs alimentaires en particulier) ont un fort pouvoir mobilisateur auprès de l'opinion. La CE ne pourra pas ignorer indéfiniment les demandes de millions de citoyens, surtout si ces derniers ont accès à des expertises véritablement scientifiques sur les substances chimiques qu'ils absorbent et expriment leur méfiance à l'égard des autorités... par exemple, en se détournant de certains produits ?

Nous voulons donc effectuer une nouvelle série de mesures de toxicogénomique sur des cellules humaines en culture. Ces mesures seront sous-traitées, sous notre maîtrise d'oeuvre et notre constante surveillance, auprès de laboratoires spécialisés que nous aurons sélectionnés pour leur compétence technique, selon des schémas expérimentaux que nous aurons établis.

Nous avons déjà pris contact avec plusieurs laboratoires et amplement discuté de points techniques. Par rapport à notre première étude réalisée en 2004-2005 et qui révélait plusieurs types de toxicité des substances testées, nous voulons, cette fois, mettre l'accent sur les propriétés cancérigènes, d'abord parce que l'aspect technique est de mieux en mieux maîtrisé (grâce aux progrès dans la connaissance des fonctions des gènes et de leurs interactions), ensuite parce que le sujet -les produits auxquels nous sommes tous très largement exposés dont les additifs alimentaires- est très mobilisateur et enfin parce que le règlement REACH met l'accent sur la recherche de "propriété dangereuse particulière" et évoque, à défaut de l'encourager, le recours à des méthodes "nouvellement mises au point".

Notre objectif est donc d'interpeller la CE par deux moyens. D'une part la pression médiatique et des résultats intéressant le consommateur au premier chef et, d'autre part, l'obtention des résultats par des méthodes fiables et infalsifiables, que les autorités sanitaires ne pourront pas ignorer une fois qu'elles auront été rendues publiques. Antidote Europe est convaincue que, par cette action, elle contribuera à une protection efficace de la santé humaine contre les méfaits éventuels des produits auxquels nous sommes tous, y compris le foetus, largement exposés, tout en apportant, grâce à une méthode qui répond strictement à la réglementation européenne, des progrès scientifiques décisifs en matière de toxicologie avec zéro sacrifice d'animaux.

Le nerf de la guerre

Nous avons un devis de l'un des laboratoires avec lesquels nous sommes en contact pour 120.000 euros. C'est l'ordre de grandeur du coût de l'opération, modulable en fonction des divers paramètres de l'étude et du nombre de substances examinées. Dès le 11 juillet dernier, donc, notre Directeur lançait un appel à toutes les associations qui pourraient souhaiter nous aider à financer ce projet. Nous nous sommes donné jusqu'au 31 octobre pour réunir les fonds nécessaires. Un don nous est parvenu très vite d'aussi loin que l'Australie ! Des particuliers se sont rapidement manifestés -pour certains très généreusement-, c'est pourquoi nous proposons à ceux d'entre vous qui le souhaitent et qui le peuvent, de participer à ce projet. Les chèques que nous recevons portant au dos la mention "projet test cancer" sont affectés intégralement à ce projet mais vous seront rendus si notre collecte n'atteint pas une somme suffisante pour une étude sérieuse le 31 octobre 2008.

Toute aide (financière ou en diffusant cet appel) sera appréciée et nous remercions très vivement les personnes qui ont déjà apporté leur contribution.

"Tester une substance chimique pour son potentiel à causer le cancer prend cinq ans et implique 400 rats. (...) Les tests de toxicité qui ont été employés depuis des décennies sont "tout simplement de la mauvaise science", explique Thomas Hartung [alors directeur du Centre européen pour la validation des méthodes alternatives]" (Nature, 10 novembre 2005).
Les autorités ne sont plus à une contradiction près... Si nous parvenons à leur fournir un test fiable sur cellules humaines et correspondant aux critères de la réglementation, elles ne pourront plus prétendre que les animaux seraient employés faute de mieux.

Nous exprimons notre vive reconnaissance à Michèle Scharapan, pianiste au talent internationalement reconnu, qui a proposé de verser au profit de ce projet les bénéfices du concert prévu le 18 octobre 2008 au Théâtre du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris.