More Interviews

Expérimentation animale : tout sauf scientifique !

Un nouveau témoignage d’un médecin britannique le confirme : expérimenter sur des animaux ne permet pas de trouver des remèdes pour l’homme. Cette pratique persiste surtout car elle est très lucrative et permet de “publier”. Dans l’intérêt de notre santé, nous devrions cesser de sacrifier des animaux et nous tourner tout d’abord vers une bonne hygiène de vie.

Le coeur et la raison

Lawrence Hansen a obtenu son doctorat de médecine en 1977. Il s’est ensuite spécialisé en psychiatrie et neuropathologie et, ensuite encore en neuropathologie gériatrique et en chirurgie.

Pas de santé sans prévention

Le docteur Bernard-Pellet explique pourquoi il est beaucoup plus avantageux à  tous points de vue de prévenir. Une prévention qui passe par des habitudes que chacun peut adopter mais aussi par une réforme de la recherche biomédicale.

Encore une scientifique courageuse

Nous vous présentons l’interview d’une chercheuse qui souhaite rester anonyme.Nous espérons que son exemple de détermination et de cohérence sera suivi.

Non à  la viande médicale !

Le Dr Andrian Stallwood a obtenu son diplôme à  l’Ecole de médecine de l’hôpital St-Batholomew, à  Londres, en 1995. Il a exercé la médecine à  Londres puis au Pays de Galles avant de se spécialiser en médecine d’urgence. Il est également enseignant et formateur aux techniques de médecine d’urgence.
En 2011, il a intégré Animal Aid en tant que conseiller scientifique. Avec André Ménache, il est co-auteur du rapport “Victimes de la charité”. Il est heureux de pouvoir contribuer aux campagnes de défense animale, que ce soit au niveau local ou national.

Anne Keogh discute la cardiologie

Le Professeur Anne Keogh est co-directrice du Programme de recherche clinique à  l’Institut de recherche cardiaque Victor Chang, à  Sydney, et la cardiologue responsable en transplantation cardiaque. Cette cardiologue a vu des humains souffrir suite aux effets secondaires de médicaments testés sur des animaux et a décidé de militer pour l’abolition de l’expérimentation animale et pour l’utilisation de méthodes véritablement scientifiques.

Steve Kaufman au sujet de l'expérimentation animale

Le Dr Kaufman est co-président de la Medical Research Modernization Committee (MRMC, Comité de modernisation de la recherche médicale) depuis 1986. Il a fourni plusieurs expertises scientifiques dans des actions en justice ayant trait à  l’utilisation d’animaux dans la recherche scientifique.

Elisabeth Devilard au sujet des produits cosmétiques

Le Dr Elisabeth Devilard travaille actuellement dans l’équipe Recherche et Développement de L’Occitane en Provence.

 

Entretiens

Steve Kaufman au sujet de l'expérimentation animale

 

Date

mercredi 9 février 2011

 

Résumé

Le Dr Kaufman est co-président de la Medical Research Modernization Committee (MRMC, Comité de modernisation de la recherche médicale) depuis 1986. Il a fourni plusieurs expertises scientifiques dans des actions en justice ayant trait à  l’utilisation d’animaux dans la recherche scientifique.

 

 

Le Dr Stephen Kaufman a obtenu son diplôme à  l’‘Université Yale en 1981. Il a reçu plusieurs récompenses prestigieuses avant de terminer ses études de médecine à  la Case Western Reserve University School of Medicine en 1985. Il s’‘est ensuite spécialisé en ophtalmologie à  l’‘Université de New York. Il est actuellement professeur d’‘ophtalmologie et a publié de nombreux articles dans les revues scientifiques. Le Dr Kaufman est co-président de la Medical Research Modernization Committee (MRMC, Comité de modernisation de la recherche médicale) depuis 1986. Il a fourni plusieurs expertises scientifiques dans des actions en justice ayant trait à  l’‘utilisation d’‘animaux dans la recherche scientifique. Le MRMC est une association d’‘envergure nationale aux Etats-Unis, composée de médecins, chercheurs et autres professionnels de la santé qui évaluent les bénéfices, risques et coûts des différentes méthodes et technologies de soins et de recherche médicale. Cette organisation a publié quelques excellents documents, l’‘un desquels est disponible en français sur internet (http://www.mrmcmed.org/critical_look_f.pdf) et sera sans doute très apprécié de nos lecteurs.

Tweet

 

Antidote Europe (AE) : A quel moment, au cours de vos études de médecine, avez-vous pris conscience des limites du “modèle” animal ?

Dr Stephen Kaufman (SK) : Cela s’est fait graduellement. J’avais toujours été inconfortable concernant l‘éthique de l’expérimentation animale et je savais qu’il existait des problèmes scientifiques dans beaucoup de domaines de la recherche. Pendant mon internat à  New York, j’ai été contacté par le Dr Murry Cohen. Ses remarques au sujet des “modèles” animaux et les livres et articles qu’il me recommanda de lire m’ont aidé à  comprendre les défauts scientifiques de la modélisation par les animaux.

AE : Avez-vous pu compléter vos études d’ophtalmologie sans faire de recherches sur l’animal ?

SK : La chirurgie ophtalmique, comme les autres spécialisations chirurgicales, s’apprend surtout en travaillant sur les patients sous la supervision attentive de chirurgiens expérimentés. Le chirurgien en cours de formation prend de plus en plus de responsabilités au fur et à  mesure que son habileté se développe. Il n’y a nul besoin de s’entraîner sur des animaux et, en vérité, il n’y a jamais eu de telle opportunité pendant mes études.

AE : Pourriez-vous décrire les origines du MRMC, que vous avez aidé à  créer ?

SK : Le MRMC a été conçu par Alice Herrington, alors présidente de Friends of Animals (Amis des animaux), aujourd’hui décédée. Elle était convaincue de la nécessité d’un groupe de médecins, indépendants du mouvement de défense animale, qui pourrait soulever des objections scientifiques à  la vivisection. Avec le Dr Richmond Hubbard, ella a lancé le MRMC. Le Dr Murry Cohen les a rejoints et s’est très vite impliqué très activement dans cette association. Peu après, Murry m’a recruté et, ensemble, nous avons été les piliers du MRMC pendant plusieurs années.

AE : Quel a été votre principal succès dans la dénonciation des limites de la recherche sur des animaux ?

SK : Je pense que notre meilleure médiatisation a été un article publié en février 1999 dans Scientific American, article que j’ai co-signé avec le Dr Neal Barnard, président du Physicians Committee for Responsible Medicine (1). Je pense que nous avons fait plusieurs contributions importantes, en particulier grâce à  notre brochure “Un regard critique sur l’expérimentation animale” et la série de monographies “Perspectives sur la recherche médicale”.

AE : Y a-t-il des thèmes non couverts par cette interview et que vous aimeriez aborder ?

SK : Je crois sincèrement qu’il y a des preuves solides, dans l’histoire et l‘époque actuelle des sciences, du fait que les modèles animaux sont inutiles pour le progrès médical. De plus, ces modèles ont souvent induit en erreur et continuent de le faire. Leur valeur scientifique globale est douteuse. Des animaux sont utilisés pour des études médicales et scientifiques autrement que pour modéliser des maladies humaines, par exemple pour des tests de toxicité, comme réservoirs d’agents infectieux, pour des greffes d’organes. Pour beaucoup de ces utilisations, des méthodes sans animaux ont remplacé ou devraient remplacer le recours à  l’animal. Pour les cas où des méthodes comparables ou supérieures sans animaux ne sont pas disponibles, il est probable que de telles méthodes seraient développées si l’expérimentation animale n‘était pas une option. La nécessité est la mère de l’invention.

(1) PCRM (Comité de médecins pour une médecine responsable) ; voir l’interview du Dr Neal Barnard dans La Notice d’Antidote n°24.