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Elisabeth Devilard au sujet des produits cosmétiques

Le Dr Elisabeth Devilard travaille actuellement dans l‘équipe Recherche et Développement de L’Occitane en Provence.

Elisabeth DEVILARD cosmétiquesTitulaire d’un doctorat en Biologie Cellulaire et Moléculaire en Sciences de la Santé, j’ai travaillé pendant 13 ans à  l’Institut Paoli Calmette, détachée au Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille, où j’ai exploré les mécanismes qui sous-tendent l’histoire naturelle des pathologies cancéreuses (cancer de la Prostate, Lymphomes malins et Leucémies) et, ainsi, faire face aux enjeux thérapeutiques et de prise en charge des patients (trouver de nouveaux marqueurs pronostiques plus fiables et des marqueurs biologiques adaptés pour un diagnostic précoce). J’ai ensuite travaillé en Immunologie Fondamentale pendant 3 ans au Centre d’Immunologie de Marseille Luminy. Je me suis centrée sur la caractérisation de nouvelles sous populations de cellules dendritiques dans la peau et j’ai essayé de comprendre ainsi, leur rôle (l’inflammation cutanée /tolérance immunitaire). Je suis auteur de 35 articles publiés dans des revues scientifiques renommées comme The Journal of Experimental Medecine, Oncogene, Blood, Anticancer Response, Leukemia Lymphoma j’ai également participé à  de nombreux congrès scientifiques. Je travaille actuellement depuis un an dans l‘équipe Recherche et Développement de L’Occitane en Provence.

Antidote Europe (AE) : Notre association reçoit de temps en temps des appels téléphoniques d‘étudiants en biologie qui ne veulent pas faire les expériences sur des animaux obligatoires dans leur cursus. Pourriez-vous nous faire part de votre parcours d‘étudiante et comment vous avez réussi à  obtenir vos diplômes tout en restant fidèle à  vos principes de ne pas faire du mal aux animaux ?

Elisabeth Devilard (ED) : Dans mon cursus universitaire, je n’ai pas eu à  pratiquer d’expériences sur des animaux car j’ai toujours refusé. J’ai toujours trouvé le fait de décérébrer une grenouille, mesurer la volémie chez le lapin pour le besoin d’un cours, contraire à  l‘éthique et totalement injustifié ou inutile. Par la suite, ayant une thématique scientifique de recherche appliqué à  la clinique humaine (cancérologie humaine), j’ai toujours eu à  disposition des choix, méthodes d’analyses ou des techniques alternatives avec le développement de la biologie moléculaire, des tecnhiques d’analyses à  grande échelle permettant d’améliorer la prise en charge des patients et faire face aux enjeux thérapeutiques. Cela fut plus difficile en Immunologie Fondamentale car j’ai, sur du court terme, dû travailler et réaliser des expériences sur des souris. J’ai suivi une formation assurée par des vétérinaires et proposée par leCNRS (diplôme d’habilitation à  l’expérimentation animale niveau I avec option en chirurgie) afin de connaitre les droits et devoirs et les “ bonnes pratiques “ mais c‘était en désaccord avec mes convictions .

AE : Bien que votre première objection à  l’utilisation d’animaux ait eu pour origine des raisons morales, à  quel moment dans votre carrière vous êtes-vous aperçue que l’utilisation d’animaux n‘était pas pertinente pour la recherche sur la santé humaine ?

ED : Travaillant pendant 13ans en clinique et cancérologie humaine, j’ai toujours pensé qu’il était pertinent de travailler directement sur les tumeurs des patients afin de mieux comprendre et caractériser les mécanismes responsables de l’induction et de la progression des cancers. Ces mécanismes sont complexes, interactifs et hétérogènes d’une tumeur à  l’autre et au sein d’une même tumeur. Comprendre les mécanismes qui sous tendent l’histoire naturelle des pathologies cancéreuses chez l’homme permet de mieux faire face aux enjeux thérapeutiques et de prise en charge des patients.

AE : Vous travaillez actuellement au département recherche d’une importante firme de produits cosmétiques. Pouvez-vous décrire en termes simples vos principaux sujets de recherche ?

ED : Pour l’heure j’ai plusieurs missions mais je peux préciser que je travaille, par exemple, sur des mesures de l’impact d’actif végétaux sur des explants de peau humaine afin établir des relations de causes à  effet entre les diverses variations détectées et les situations physio-pathologiques. .

AE : Le 7ème amendement de la directive Cosmétiques appelle à  un arrêt total de l’utilisation d’animaux pour les tests de cosmétiques ainsi qu‘à  une interdiction d’importer des produits cosmétiques qui auraient été testés sur des animaux en dehors de l’Union européenne, en 2013. Toutefois, la Commission européenne tente de reporter cette échéance à  2017, 2019, voire plus loin. Pensez-vous que les techniques disponibles aujourd’hui permettraient d’obtenir suffisamment de données humaines et, donc, d‘éviter le retard de l’entrée en vigueur de ce 7ème amendement ?

ED : Avec les progrès sur les dix dernières années des techniques en biologie moléculaire et les connaissances acquises également en biologie cutanée, nous disposons d’un arsenal de techniques fiables pour ne plus utiliser des animaux. Je tiens à  préciser que l’Occitane en Provence a toujours refusé et jugé inutile et inapproprié les tests sur animaux. Il serait regrettable de retarder cette échéance.

AE : Merci beaucoup pour le temps que vous avez consacré à  cette interview. Y a-t-il d’autres remarques que vous aimeriez porter à  la connaissance de nos lecteurs ?

ED : Là  où il y a une volonté, il y a un chemin.



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