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Non à la viande médicale !

Le Dr Adrian Stallwood a obtenu son diplôme à  l’Ecole de médecine de l’hôpital St-Batholomew, à  Londres, en 1995. Il a exercé la médecine à  Londres puis au Pays de Galles avant de se spécialiser en médecine d’urgence. Il est également enseignant et formateur aux techniques de médecine d’urgence.
En 2011, il a intégré Animal Aid en tant que conseiller scientifique. Avec André Ménache, il est co-auteur du rapport “Victimes de la charité”. Il est heureux de pouvoir contribuer aux campagnes de défense animale, que ce soit au niveau local ou national.

Adrian Stallwood expérimentation animaleLe Dr Adrian Stallwood a obtenu son diplôme à  l’Ecole de médecine de l’hôpital St-Batholomew, à  Londres, en 1995. Il a exercé la médecine à  Londres puis au Pays de Galles avant de se spécialiser en médecine d’urgence. Il est également enseignant et formateur aux techniques de médecine d’urgence.

Rappelons ce sondage effectué il y a quelques années pour le compte de Safer Medicines, notre association partenaire au Royaume Uni : plus de 80% des médecins généralistes britanniques estiment que l’expérimentation animale peut induire en erreur. Tous ne peuvent pas se permettre de mettre leur carrière en danger en affichant leur opinion (opinion tout de même largement fondée sur des preuves scientifiques), aussi nous félicitons bien chaleureusement le Dr Stallwood et nous espérons qu’il fera des émules. Sans censure, l’expérimentation animale ne perdurerait pas longtemps.

Antidote Europe (AE) : Pouvez-vous nous dire à  quel moment au cours de vos études ou de votre carrière le problème de l’expérimentation animale a commencé à  vous perturber ? Etait-ce pour des raisons purement éthiques ou bien scientifiques également ?

Adrian Stallwood (AS) : Cela remonte à  il y a très longtemps. Au lycée, j’ai été influencé de façon positive par quelques amis plus volontaires. Ils refusaient de casser des oeufs de poule fertilisés et incubés pour notre cours de biologie, ou de disséquer des crapauds. Durant mes études pré-cliniques à  l‘école médicale St Bartholomew, à  Londres, j’avais du mal à  comprendre pourquoi nous disséquions des cadavres humains en anatomie alors que nous étudions des chiens en physiologie et des souris en pharmacologie. La physiologie était très difficile à  apprendre avec toutes ces références à  des études sur des chiens non applicables à  l’homme.
Pendant cette période, je prenais des tracts anti-vivisection distribués sur des stands de rue et j‘étais à  la fois choqué et préoccupé. En particulier, je me rappelle une photo de singe avec le crâne ouvert pour la recherche sur la maladie de Parkinson. Les chercheurs en médecine étaient depuis longtemps impliqués dans une tradition de cruauté sur animaux. Mais, en tant qu‘étudiant, je craignais la censure et je ressentais de la culpabilité à  utiliser ces données. L’incohérence était trop inconfortable, donc, j’ai choisi de m’impliquer dans des campagnes pour les espèces en voie de disparition et pour les forêts tropicales plutôt que contre la vivisection. J’allais y venir mais j’ai honte d’avoir tardé autant.

AE : Vous êtes à  présent médecin urgentiste. Avez-vous pu apprendre cette spécialisation sans utiliser d’animaux ? Si oui, quels matériel et techniques avez-vous utilisés pour obtenir votre certification ?

AS : Cette problématique est récente dans ma carrière. Une formation appelée ATLS(Advanced Trauma Life Support) est un pré-requis pour travailler en médecine d’urgence. Je viens d’obtenir une nouvelle certification et de me préparer à  devenir instructeur. Mais pendant la formation, j’ai découvert que trois des techniques à  maîtriser impliquaient l’utilisation de “viande médicale” obtenue auprès d’abattoirs, stérilisée et préparée à  l’intention des étudiants. J’ai été confronté au larynx de mouton, à  la poitrine de boeuf et au pied de porc. J‘étais censé introduire divers tubes dans chacun. L’odeur était écoeurante et il était évident que d’autres candidats, bien que non opposés à  cette utilisation des animaux, ont trouvé les procédures désagréables. Etant déjà  compétent dans plusieurs techniques apprises, sous supervision, sur des patients humains, j’ai réussi à  éviter le pied et la poitrine mais j’ai dû effectuer une cricothyroïdotomie sur le larynx de mouton.
Les cours ATLS, conçus et contrôlés par le Collège américain de chirurgiens, employaient couramment des animaux anesthésiés mais la pratique a maintenant presque disparu. Pourtant, le fait qu’ils emploient toujours des cadavres d’animaux montre qu’ils ne parviennent pas à  supprimer complètement l’habitude.
Je forme des étudiants en médecine à  une variété de techniques en utilisant des mannequins et des modèles incroyablement réalistes. Il me paraît clair que ces modèles sont bien meilleurs que des parties d’animaux morts. Les étudiants peuvent maîtriser les rudiments d’une technique avant de passer à  un enseignement sous supervision dans en environnement clinique. J’ai décidé de ne pas enseigner dans le cadre de cours ATLS qui impliquent l’utilisation de viande médicale.

AE : Avez-vous constaté des changements dans les dernières années au Royaume Uni dans les attitudes du public et de la communauté scientifique concernant l’utilisation d’animaux dans la recherche scientifique et médicale ? Que devrait-il se produire à  présent selon vous ?

AS : Je ne peux pas parler pour la communauté scientifique. Concernant l’attitude du public, je crois que les opinions varient et sont fortement influencées par les médias. Il me semble qu’il y a eu une montée de la préoccupation dans les premières années de ce siècle, lorsque des campagnes très médiatisées contre des laboratoires devant travailler sur des primates et autres centres de vivisection ont été lancées. Toutefois, malgré quelques importantes victoires, ces campagnes ont permis à  des médias partisans de dépeindre les activistes des droits des animaux comme de dangereuses menaces pour la société, ce qui a pu freiner l‘émergence d’un mouvement plus ample.
Contrairement à  certaines campagnes écologiques ou sociales, qui ont gagné l’acceptation du public, la défense animale continue à  être marginalisée. Ceci n’est pas dû à  une quelconque erreur ou impopularité de nos arguments (qu’y aurait-il de si étrange dans le concept que les animaux ont le droit de ne pas être maltraités ?). C’est dû au contrôle exercé par les industriels sur les médias et les gouvernements, en un mot à  un abus de pouvoir. Des groupes comme Understanding Animal Research (Comprendre la recherche sur des animaux) au Royaume Uni sont la vitrine des vivisecteurs et, trop souvent, leur rhétorique est diffusée sans contre-arguments. En particulier, l’affirmation fallacieuse que les expériences sur des animaux seraient essentielles au progrès médical est encore ancrée dans de larges secteurs de la société. Je pense que le mouvement de défense animale doit revenir à  des priorités basiques comme l’information du public, en insistant sur les faits. Nous devons donner des précisions, pas des slogans.

AE : Avez-vous déjà  été victime d’intimidation institutionnelle, que ce soit à  l’université ou dans votre environnement hospitalier, en raison de votre opinion sur l’expérimentation animale ?

AS : Jamais. Mais, comme je vous le disais, j’ai commencé à  parler en public tout récemment. Le temps dira si je dois subir quelque attaque que ce soit mais, pour l’instant, tous ceux à  qui je parle de ce problème sont horrifiés par la réalité de la vivisection. Curieusement, j’ai trouvé plus d‘écoute parmi les infirmières que parmi les médecins, qui sont souvent sur la défensive. Un jeune médecin, visiblement ennuyé, a fait d’intenses recherches sur internet dans un effort pour me prouver la validité de l’expérimentation sur les animaux. Remarquez, il m’avait demandé plus tôt dans la journée si je pouvais l’aider à  trouver un bon chien de chasse…

AE : A nos yeux, vous êtes quelqu’un de courageux. Vous demande-t-on parfois d’expliquer pourquoi on continue à  utiliser des animaux si cette pratique est tellement contre-productive ? pourquoi il y a si peu de médecins qui la critiquent, comme vous le faites ?

AS : Tout d’abord, je pense qu’il y a beaucoup d’individus travaillant à  défendre les animaux avec bien plus de courage que moi. Ceci inclut les personnes qui risquent la prison suite à  des protestations non violentes ou ceux qui ont perdu leur emploi suite au harcèlement de leur employeur.
On me pose, en effet, des questions sur la “conspiration du silence” au sein de la communauté médicale. Ce silence peut s’expliquer en partie par le fait qu’admettre le degré de souffrance infligé est profondément dérangeant pour des médecins. Je peux en témoigner moi-même. Il nous est difficile de résoudre le paradoxe que soigner des personnes, que soulager des souffrances, puisse faire partie d’un système qui, par ailleurs, torture des êtres sensibles. Des professionnels de la santé dans des hôpitaux universitaires, par exemple, doivent passer devant ces laboratoires jour après jour et sont employés par les mêmes organismes publics. Je peux imaginer la protection psychologique complexe que les chercheurs qui utilisent des animaux doivent employer lorsque leurs “sacrifices” animaux se révèlent continuellement être vains.
Il y a toutefois des raisons d‘être optimiste. Il existe des groupes de médecins et de scientifiques qui parlent en public, comme Safer Medicines Trust [que nos fidèles lecteurs connaissent bien]. Le lobby de l’expérimentation animale veut nous faire croire que cette pratique fait l’objet d’une large approbation mais je ne pense pas qu’il soit dans le vrai.

AE : Nous vous remercions sincèrement pour le temps que vous avez pris pour répondre à  nos questions. Y a-t-il d’autres points que vous souhaiteriez aborder ?

AS : Pour moi, le plus grand problème au sujet de l’expérimentation animale est le secret. Ceux d’entre nous qui s’opposent à  cette pratique travaillent continuellement à  l’exposer au grand jour, mais il y a encore beaucoup à  faire. La vivisection est une grosse affaire, nos adversaires sont très puissants. Mais je sens que nous pouvons recevoir davantage de soutien en dénonçant sans relâche la cruauté que cette pratique suppose et en réfutant vigoureusement le mythe d’une recherche sur animaux qui serait indispensable. Je vois aussi que notre combat dépend, à  la base, de ceux qui sont assez courageux pour protester et agir de façon non-violente en faveur des animaux. Je pense que c’est problématique que les médias grand public et le gouvernement présentent les activistes comme des terroristes ; mais cette diffamation a toujours fait partie des tactiques de domination. Je suis sûr que la défense animale restera dans l’histoire comme un mouvement pacifique et éthique.



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