Dr de Meuron : une médecine en toute conscience

(Photo http://demirsonmez.blog.tdg.ch/ ) Marie-France de Meuron a suivi sa scolarité à Neuchâtel (CH) à une période où les médecins devaient apprendre encore le latin ! Dès 13 ans, elle reçut des informations en médecine alternative. Elle obtint son diplôme fédéral de médecine en 1973 à Genève, en même temps que son fils naquit ! Dès lors, elle se forma dans tous les domaines utiles à comprendre le développement de l’être humain et les phénomènes vitaux, en soi et en relation avec l’environnement.

Pratiquer la médecine intégrative devrait être l’objectif à atteindre dans l’intérêt des patients. En outre, cette médecine ne nécessite nulle expérimentation sur des animaux et ferait faire d’importantes économies à la sécurité sociale.

Nous vous proposons ce trimestre l’interview d’un médecin précurseur en son domaine puisqu’elle pratique déjà la médecine intégrative, c’est-à-dire une façon de soigner en tenant compte, le plus possible, de toutes les méthodes disponibles et de tous les facteurs qui peuvent affecter le patient (situation physique, psychologique, sociale…). La médecine occidentale est efficace dans certains cas, d’autres médecines sont plus efficaces dans d’autres cas. Le médecin devrait connaître de nombreuses possibilités thérapeutiques disponibles dans sa région et choisir, avec son patient, celle qui convient le mieux. Une telle pratique médicale serait indépendante des lobbies pharmaceutiques et n’aurait que faire de données obtenues sur des animaux.

Antidote Europe (AE) : Antidote Europe vous remercie bien vivement pour la diffusion que vous faites de nos informations sur votre blog hébergé par la Tribune de Genève. Quand avez-vous commencé à remettre en question la validité scientifique de l’expérimentation sur des animaux à des fins de recherche biomédicale ou toxicologique humaine ?

Marie-France de Meuron (MFM) : J’ai toujours ressenti profondément en moi qu’il était interdit d’utiliser des animaux pour des expériences volontairement agressives. Scientifiquement, je pense que j’en ai eu la première preuve lors d’un cours d’histologie en 2e année de faculté, voir ma réponse à la troisième question.

AE : Au cours de vos études de médecine, avez-vous été obligée de pratiquer des expérimentations sur des animaux ?

MFM : Au cours de mes études de médecine, en physiologie, j’ai dû une fois tuer une grenouille en vue de l’étudier. J’ai ressenti un mouvement intérieur de recul mais n’ai pas osé m’opposer à l’exercice.

AE : Avez-vous l’occasion de discuter de ce sujet avec vos collègues médecins ? Etes-vous en contact avec des collègues qui pensent que la transposition des données animales à l’homme n’est pas fiable ?

MFM : Une professeure d’histologie nous avait expliqué une fois pourquoi une expérience sur un certain animal avait donné des résultats non transposables à l’homme. En effet, ils n’avaient pas le même fonctionnement, pas la même structure organique, ou les mêmes enzymes, ce qui empêchait l’extrapolation.

Nous avons surtout abordé le sujet dans le milieu des médecins homéopathes unicistes. Dans cette pratique, tous les remèdes ont été expérimentés sur des êtres humains. En sus du fait que l’être humain est formé de corps distincts de ceux des animaux, il peut exprimer ce qu’il ressent dans son être sensible, ce qu’un animal ne peut pas faire ou du moins avec très peu de moyens. L’inverse, en revanche, est partiellement possible : une analyse fine du comportement animal peut amener à une prescription adéquate. On peut globalement extrapoler cette réponse à plusieurs médecines énergétiques.

AE : Lors de vos séjours en Afrique, avez-vous été en contact avec des personnes ayant une bonne connaissance des propriétés thérapeutiques des plantes locales ? Comment ces personnes ont-elles acquis cette connaissance ? Ces plantes sont-elles efficaces ?

MFM : Depuis le début de 2009, je me rends régulièrement au Sénégal. En outre, j’ai eu des communications très denses avec Mme Parès pendant environ un an. Madame Yvette Parès (décédée en 2010) fut professeure de biologie à l’université de Dakar et médecin. En découvrant le milieu pour cultiver le bacille de la lèpre, elle put tester les plantes africaines contre la mycobactérie présente dans cette maladie. Elle cocréa l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar où des tradipraticiens renommés purent guérir la lèpre et elle récolta des données scientifiques qui illustrent le bienfait d’une médecine intégrative. Elle en retira de profondes réflexions qu’elle livra dans trois livres écrits à son retour en France.

J’ai aussi étudié les actions de Prometra International (Promotion des Médecines Traditionnelles, une ONG internationale soutenue par la Fondation Bill et Melinda Gates) dont le siège est à Dakar. Lors de mes séjours, j’ai recueilli beaucoup de témoignages et étudié leurs anamnèses où j’ai pu constater la rigueur des approches sans recours à des méthodes techniques mais avec une grande perspicacité tout en montrant un grand respect de l’être humain.

J’ai également des contacts très étroits avec l’Association Africaine de Lutte contre le Sida, AALUCOSI (Cameroun). Je ne m’y suis pas rendue.

Il est important de distinguer la phytothérapie de la médecine. En effet, les authentiques thérapeutes ne se contentent pas de prescrire des plantes mais ils les préparent eux-mêmes en allant sur le terrain, avec des rituels très divers selon les coutumes de leurs régions. Ils sont formés pendant de longues années par un membre de leurs familles. La prescription du traitement, qui peut inclure d’autres thérapies comme des bains rituels, fait suite à un diagnostic qui tient compte de l’individu et de son environnement tant social que naturel.

Le bagage personnel des tradipraticiens dépend autant de leurs connaissances que de leurs intuitions ou de leurs cultures spirituelles. L’un, par exemple, faisait revenir le patient le lendemain parce que, pendant la nuit, il recevait en songe le traitement à prescrire. Dans leurs attitudes, l’acte de soigner est un acte sacré qui donne aussi une dimension particulière au traitement.

J’ai eu plusieurs témoignages de plantes très efficaces si elles sont appliquées dans un contexte global. L’expérience de Prometra dans son village de tradipraticiens de Malango à Fatick, pendant six ans, est patente pour le traitement du sida, avec de franches guérisons. Les malades séjournaient en moyenne 6 mois et étaient accueillis dans leurs globalités.

De même, AALUCOSI au Cameroun présente d’excellents résultats en soignant les malades avec des plantes, des conseils diététiques et autres recommandations, tant contre le sida que contre d’autres maladies chroniques.

AE : Quelles mesures proposeriez-vous pour améliorer l’efficacité de la médecine occidentale ? Par exemple, mettre l’accent sur la recherche fondamentale ? La recherche clinique ? Les soins ? L’alimentation des patients ? La prévention ?

MFM : Faire cesser la « papauté » de la médecine occidentale. De même que les églises ont créé l’œcuménisme, il est plus que temps de pratiquer la médecine intégrative qui consiste à appliquer le geste adéquat au moment opportun. Depuis une quarantaine d’années que je pratique cette médecine, j’ai clairement constaté que certains problèmes de santé étaient résolus bien plus efficacement et à meilleur prix avec une médecine alternative ou avec l’aide conjointe des deux courants. La médecine occidentale ne relève plus de l’art médical mais est restreinte aux dernières découvertes de la biologie alliée à la statistique, elles-mêmes sous la tutelle des lobbies pharmaceutiques. Alors que la physique quantique s’est bien développée, les académiciens en médecine n’en ont pas encore intégré les principes, ce qui met à part toutes les médecines énergétiques. Et pourtant, c’est elles qui permettent une médecine précoce qui évite l’installation des maladies dans la chronicité.

AE : Dans la pratique de la médecine, avez-vous l’occasion de lire la littérature scientifique internationale et y trouvez-vous des informations utiles ? Recevez-vous, par ailleurs, beaucoup d’informations de la part de visiteurs médicaux ? Quelle est votre source privilégiée d’informations utiles sur les médicaments et thérapies que vous prescrivez ?

MFM : Connue pour pratiquer la médecine alternative, je ne reçois guère plus la visite de délégués médicaux. Pour les thérapies que j’utilise, l’expérience vécue dans des stages, des lectures bien ciblées et un travail incessant de conscience de soi me permettent d’affiner ma pratique.

AE : Que pensez-vous de l’obligation légale de tester les médicaments sur des animaux avant de procéder aux premiers essais sur l’homme ?

MFM : Les tests sur les animaux relèvent d’un mode bien élémentaire de vérifier une molécule. De plus, ils ne peuvent pas tenir compte de toutes les interactions qui régissent le fonctionnement humain.

AE : Y a-t-il d’autres réflexions que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ?

MFM : Pour ceux qui désirent partager leurs expériences ou me demander des informations supplémentaires, je réponds volontiers à mon adresse e-mail : mf.meuron@bluewin.ch. Ceux qui désireraient effectuer un séjour actif au Sénégal peuvent aussi me demander conseil.