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Communiqué de presse - 30 août 2007

Les Etats-Unis vont-ils cesser de tester les produits chimiques sur des animaux ?

Le Conseil national de la recherche (NRC) des Etats-Unis a récemment publié un rapport intitulé "Tests de toxicité au XXIe siècle : une vision et une stratégie", dans lequel il dénonce les failles des tests actuels sur des animaux et propose de mettre au premier plan les tests réalisés sur du matériel humain. L'industrie chimique et pharmaceutique en a pris bonne note, cette dernière étant déjà bien engagée dans cette voie. Un rapport qui serait particulièrement opportun en Europe, où vient d'entrer en vigueur le règlement REACH : Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques.

La Commission européenne a estimé à plus de 100.000 les substances présentes dans notre environnement et de plus en plus de publications scientifiques suggèrent ou démontrent un lien entre notre exposition permanente à un cocktail de ces substances et de nombreuses maladies graves dont l'incidence ne cesse d'augmenter : cancer, maladies neurologiques (Alzheimer, Parkinson...), allergies, etc. Pourtant, les effets précis de la majorité de ces substances sur notre santé, ainsi que leurs mécanismes d'action, sont mal connus, et pour cause : le Professeur Thomas Hartung, directeur d'ECVAM et, donc, conseiller scientifique de la Commission européenne, qualifie les actuels tests de toxicité sur des animaux de "tout simplement de la mauvaise science."

Il était donc grand temps de se tourner vers des méthodes véritablement scientifiques. Les résultats obtenus sur des animaux n'étant pas transposables aux humains, c'est avec grande justesse que le rapport du NRC annonce : "Les progrès en toxicogénomique, bioinformatique, biologie des systèmes, épigénétique et toxicologie modélisée sur ordinateur pourraient transformer les tests de toxicité d'un système fondé sur des tests sur l'animal entier vers un système fondé principalement sur des méthodes in vitro qui évaluent les changements dans les processus biologiques en utilisant des cellules, des lignées cellulaires ou des composantes cellulaires, de préférence d'origine humaine." et aussi : "Il est attendu du changement prévu que soient générées des données plus robustes sur les risques potentiels posés aux humains par l'exposition à des agents présents dans l'environnement et que l'on dispose d'une plus grande capacité de tester des substances chimiques de façon plus efficace."

Un article paru début août dans la revue Chemical Engineering News, très diffusée dans le milieu concerné, présente le rapport du NRC et souligne la différence de stratégie entre l'industrie pharmaceutique, qui a recours depuis longtemps à des tests sur du matériel humain (bien que non exclusivement) et l'industrie chimique où la toxicologie demeure largement fondée sur les tests sur des animaux.

Pourtant, l'industrie chimique européenne a tout intérêt à se tourner vers les nouvelles méthodes, ne serait-ce que parce que REACH impose désormais des tests dont le coût sera prohibitif (en particulier pour les PME) s'ils doivent se faire sur des animaux.

Antidote Europe et ses partenaires européens ont obtenu que REACH encourage la toxicogénomique, la première méthode citée par le rapport du NRC. Les chercheurs d'Antidote Europe ont apporté une contribution majeure à cette méthode, en développant une approche qui permet de tester des centaines de substances en parallèle, de façon automatisée, en moins d'une semaine (alors qu'un test de toxicité "classique" dure deux ans) et pour un coût d'environ 10.000 euros par substance (contre plusieurs centaines de millions de dollars pour la toxicologie du XXe siècle... qui n'avait pas beaucoup évolué depuis le XIXe !).

Antidote Europe félicite donc le NRC et incite vivement les autorités européennes à adopter, elles aussi, la toxicologie du XXIe siècle, dans l'intérêt de notre santé, de l'environnement, mais aussi de la compétitivité et de l'image de marque de l'industrie chimique.

Antidote Europe est une association à but non lucratif, créée par des chercheurs issus du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), oeuvrant pour une meilleure prévention en matière de santé humaine.