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Communiqué de presse - 20 décembre 2004

Lettre à M. Serge Lepeltier, ministre de l'Ecologie

Antidote Europe a envoyé la lettre ci-dessous à M. Serge Lepeltier. Antidote Europe est une association créée par des chercheurs d'envergure internationale pour proposer une méthode fiable d'évaluation de la toxicité des substances chimiques. Cette évaluation se fait actuellement par des méthodes archaïques et non efficaces ; elle permet la circulation de nombreuses substances dangereuses et serait ainsi responsable de la recrudescence de diverses maladies, en particulier le cancer.

Vous pouvez en savoir plus sur notre site : www.antidote-europe.org ou en nous demandant un exemplaire de notre revue trimestrielle. Nous vous l'enverrons avec plaisir si vous nous communiquez votre adresse postale.

Monsieur le ministre,

Nous vous sommes reconnaissants d'avoir accepté la prise de sang qui a permis de confirmer que nous sommes tous, citoyens européens, contaminés par des produits chimiques (37 produits, dans votre cas, selon Le Monde du 23 novembre dernier) ; reconnaissants aussi pour vos déclarations sur la nécessité de hâter l'adoption de REACH.

Notre objection concerne les méthodes choisies par le projet REACH pour évaluer la toxicité des substances chimiques. Si cela doit se faire par des tests sur les animaux, nous ne sommes guère à l'abri de futures catastrophes sanitaires ou écologiques, ni près d'enrayer la progression du cancer, des maladies neurologiques, de la stérilité masculine, etc, que nous constatons sur l'espèce humaine et qui, pour certaines de ces maladies, touchent aussi les espèces sauvages dans leurs milieux naturels. En effet, les résultats obtenus sur une espèce animale ne sont pas transposables aux autres espèces ni aux humains.

Vous trouverez ci-joint le premier numéro de notre revue trimestrielle, dans lequel nous expliquons pour quelle raison il n'existe pas de "modèle animal". Nous proposons un Programme de toxicologie scientifique qu'il serait possible de mettre en oeuvre dès aujourd'hui, dont le coût serait très inférieur à celui des tests sur animaux, dont les résultats seraient connus bien plus vite et, surtout, qui donnerait des informations fiables sur la toxicité des produits chimiques pour l'espèce humaine (ou pour une autre espèce animale si on l'applique à cette espèce).

Les produits les plus dangereux pourraient tous être identifiés d'ici à deux ans (et non dix au mieux, comme le prévoit REACH dans sa forme actuelle), ce qui permettrait à votre propre gouvernement de les retirer du marché et ainsi, de faire une oeuvre réellement efficace, concrète et marquante, début 2007.

Au contraire, si vous acceptez REACH tel quel, le temps, l'argent et l'énergie humaine consacrés aux tests sur les animaux seront perdus, au pire, seront détournés pour absoudre des produits pourtant dangereux, puisqu'il est facile de falsifier ces tests, tout simplement en choisissant l'espèce animale qui réagira selon ce que l'on souhaite démontrer. La susceptibilité ou la résistance au cancer (et même à certains types de cancer en particulier) des différentes lignées de souris, par exemple, est bien connue des scientifiques.

Nous comptons sur vous pour promouvoir l'esprit du projet REACH, en particulier, l'évaluation fiable de la toxicité des substances chimiques.

Nous sommes, bien sûr, à votre disposition pour toute information complémentaire.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le ministre, nos meilleurs voeux pour 2005 et nos bien cordiales salutations.

Claude Reiss
Président.