L’appel du 11 mai 2015 au Parlement européen

Le 11 mai 2015, des représentants d’Antidote Europe étaient présents au Parlement européen, à Bruxelles, pour défendre l’initiative citoyenne européenne Stop Vivisection (voir notre communiqué de presse du 15 mai ). Alors qu’il existe bel et bien un débat entre scientifiques au sujet de la pertinence du « modèle animal » pour étudier les maladies humaines et pour évaluer la toxicité des substances chimiques pour l’homme, les responsables politiques et les responsables de la règlementation ignorent ce débat. Il s’ensuit que des règlementations continuent à imposer le recours aux tests sur des animaux, comme si ceux-ci étaient fiables pour l’homme, alors mêmes qu’ils n’ont jamais été validés.

André Ménache, a insisté sur la nécessité de débattre sur le plan strictement scientifique sur la pertinence du « modèle animal ». Car il est bien évident que si ce « modèle » n’était pas utile pour faire progresser la médecine humaine, il devrait être abandonné.

Au cours de l’audition publique de Stop Vivisection, notre directeur a eu la parole en deux occasions. Nous retranscrivons ci-dessous son deuxième discours.

« Le plus grand défi de cette initiative citoyenne européenne (ICE) n’est pas sur le plan de la science mais sur celui de la communication. L’ICE cherche à élever le débat, des questions du simple bien-être animal vers une discussion sur la validité du « modèle animal ». Or, aujourd’hui, nous n’avons que très superficiellement évoqué la science. Nous aimerions donc demander à la Commission européenne d’organiser un débat public sur la question scientifique, un débat qui serait semblable à un jury populaire, non avec des experts qui n’auraient que 10 minutes pour s’exprimer mais où nous aurions 3, 4 ou 5 jours pour débattre sur un plan strictement scientifique avec des experts des deux camps.

Si nous ne faisons pas cela, si nous n’avons pas un débat scientifique sérieux, nous laissons tomber les 1 170 000 citoyens qui ont signé cette ICE, nous laissons tomber les animaux et nous laissons tomber les patients qui veulent des traitements basés sur la médecine personnalisée, pas sur la recherche animale.

Je crois que nous avons la technologie. Si vous voulez un exemple, prenons le botox, que vous connaissez tous et je suis sûr que pas beaucoup d’entre vous utilise. Le botox, c’est la toxine botulique, la substance la plus toxique connue par la science. Pendant des années et des années, la communauté scientifique et l’industrie disaient : « Il n’y a pas moyen de se passer des tests sur des souris pour évaluer la puissance du botox ». C’est seulement parce que le botox a une application cosmétique que l’opinion publique a été alertée. C’est l’opinion publique qui a persuadé Allergan, le fabricant de botox aux Etats-Unis, que ses profits pourraient chuter. Dès que ceci est arrivé, l’industrie a, de façon stupéfiante du jour au lendemain, trouvé une méthode d’évaluation entièrement basée sur la culture de cellules sans recours aux tests sur des animaux, pour la substance la plus toxique connue par la science.

Donc, l’obstacle, ce n’est pas la science. C’est de communiquer un message très complexe, ce que, évidemment, nous n’avons pas pu faire aujourd’hui avec des experts n’ayant que 10 minutes ou moins pour s’exprimer. Nous avons besoin d’un débat scientifique sérieux et je crois que nous gagnerons le débat scientifique. Dès que le public aura réalisé que les tests sur des animaux ne sont pas un « mal nécessaire », car c’est ça qu’on nous vend depuis des années et des années, que nous pouvons supprimer « nécessaire », car nous avons la technologie, alors il ne reste plus que le « mal ». L’opinion publique ne tolèrera pas le mal et chassera le mal. Merci. »